« L’Oreille : un foyer sans intimité | Accueil | Libre journal de la Nouvelle Droite : "Contre le libéralisme" »

12/03/2019

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Maffesoli Michel

L'idée d'allier, en un mixte fécond, l'archaïque et le futur ,'est nullement insensé. Et je me souviens des lointaines discussions avec G.Faye lors desquelles j'avais développé ma définition de la postmodernité: "synergie de l'archaïque et du développement technologique". Il en avait fait son miel. N'est-ce point Bloy qui rappelait que : "le prophète est celui qui se souvient de l'avenir"?

Revue éléments

Merci à vous pour votre témoignage

Alfred vierling

merci à tous les auteurs de nécrologies ci-dessus. En tant que néerlandais je n'ai rien à y ajouter qu' une référence assez banale à ma vidéo-rencontre d'une heure avec G. Faye sur son livre phare sur la mentalité des immmigrés africains et mahométans 'La Colonisation de l'Europe' voir www.alfredvierling.com/?p=5151;
N.B. Je l'ai rencontré la 1ième fois me trouvant dans ses bras me confortant juste après le choc du fait de ne même pas être remercié en tant que traducteur pour TEKOS du manifeste longue et compliqué publié en ELEMENTS d' Alain Benoit ( et Carpentier) par cet auteur on ne peut plus ingrat.

Jean-François Gautier

A lire ces témoignages, il est évident que les déceptions tournant autour du travail de Guillaume Faye trahissent des malentendus. Il a été pris pour ce qu’il n’était pas : un intellectuel créateur. Artiste, il fut surtout un rhéteur, un metteur en scène de ses propres partitions. Les thèmes, il les emprunta d’abord à d’autres, avec talent. Dans les phases finales, il les écrivit seul, et toujours avec la même technique : des fugues avec sujet et contre-sujet, l’un servant à faire cuire l’autre. Michel Marmin a raison. Faye a lancé des slogans remarquables, mais il n’a probablement pas élaboré un seul concept original.
Je me permets de l’écrire ici parce que je le lui avais dit dans les années quatre-vingts, à l’époque où nous nous voyions très fréquemment, avant que je quitte l’enfer d’une vie parisienne intellectuellement creuse. Il me rappelait l’homo loquax de Bergson, « celui dont la pensée, quand il pense, n’est qu’une réflexion sur sa parole ». Ce n’est pas le diminuer que de l’affirmer. Il fut ainsi. Le plus cicéronien, le plus rhéteur des orateurs, et très souvent le plus convaincant. Et les déçus d’aujourd’hui, ceux qui eurent hier le grand plaisir des convaincus, ne peuvent lui reprocher l’exercice de ses talents remarquables. Il traçait, en somme, le portrait de son public. Il incarna une part essentielle de ce que fut l’attente des suiveurs de la ND, celle d’avoir des raisons pour demain, paroles souvent fragiles, presque toujours contredites, et pourtant combien requises. Nicolo Paganini, qui a enrichi comme jamais le répertoire technique de son instrument, qui est toujours joué, et donc écouté, n’est jamais cité par les histoires de l’écriture musicale, domaine dans lequel il n’a rien créé. Ce n’est pas une injustice.
A Jaunay-Clan, le 13 mars, nous étions quelques-uns à la mise en terre de son cercueil, sous les contreforts vrombissants de l’autoroute Poitiers-Tours. Sur la tombe de Pétronille d’Angoulême, près de chez moi en Charente, il y a ces mots : Hic Jacet, « Ici, se tient », à l’indicatif, comme la géométrie d’un constat. Le XIe siècle savait faire l’économie du Requiescat, « qu’elle repose », ce subjonctif d’une espérance adressée aux seuls survivants. Il serait injuste de reprocher à Faye ce que ses auditeurs ont mis d’espérance d’eux-mêmes dans les idées qu’il agitait. L’indicatif n’est pas plus vrai. Il offre seulement des clefs, utiles ou non, des représentations, pertinentes ou non, des convictions, judicieuses ou non, dans la confrontation avec la réalité. De les avoir élaborées pour d'autres, voilà qui suffit à l’agitateur-artiste.

Bertrand Burgalat

Merci pour ces témoignages et celui de Jean-François Gautier. Que Michel Marmin reproche à Guillaume de n’avoir rien produit est assez cocasse, ses critiques pourraient dresser un portrait en creux bien cruel de lui-même. Comme le sous-entend finement Michel Maffesoli Guillaume n’était pas un simple compilateur, et il citait toujours ses sources. L’absence d’empathie décrite par Philippe Milliau était réelle, dans ses paroles en tout cas, elle a été alimentée par le nietzschéisme de colloque et l’atmosphère générale du groupe dans lequel il a longtemps évolué. Et ses incursions radiophoniques réverbéraient le faustisme et l'entrisme, cette façon d’avancer masqué, dans les rédactions ou ailleurs, au risque de se perdre complètement.

Bertrand Burgalat

Il est amusant de constater qu'il lui est désormais reproché de s'être éloigné de la ligne anti-occidentaliste qu'il avait lui même établie, et que ses contempteurs d’aujourd’hui regardaient alors d’un air maussade. Le texte d’Alain Lefebvre est à cet égard édifiant : G.F., qui pourtant n’avait jamais rien commis de déshonorant, avait dû changer de nom et prendre le pseudonyme de Gérald Fouché dans les pages idées de Magazine-Hebdo qu’il dirigeait, et cosigner, sous le nom de Pierre Barbès, La Soft-idéologie qu’il avait écrit. Ce succès, dont la paternité lui a échappé, et d'autres travaux du même ordre (on s’est beaucoup servi de lui et de sa virtuosité au clavier de son IBM en lui racontant qu’il était grillé, lui faisant faire mille choses sans qu’il en soit jamais crédité) ne l’ont pas aidé. Pardon pour ce deuxième message tardif, mais les souvenirs remontent, et ils sont radieux.

Yann-Ber Tillenon

On dit en breton :
"Bepred diwar e labour
'vez barnet an Oberour !"
C'est toujours au résultat de son travail que l'on juge l'Ouvrier !
Guillaume "Fou", l'Artiste complet laisse une Oeuvre historique, une trentaine de livres qui seront jugés par l'Histoire. Le reste, on s'en fout. Ce n'est que matière anecdotique pour alimenter les ragots des gens stériles.
Pour l'avoir fréquenté régulièrement pendant près de quarante ans et avoir échangé des idées avec lui jusqu'à ses dernières heures à l'hôpital, je peux affirmer que Guillaume n'était préoccupé que par la réalisation de son Idéal : "la Grande Europe de Brest à Vladivostok". Le reste, les commentaires, il s'en foutait royalement. Il disait : "Je suis un électron libre.", "Les chiens aboient, la caravane passe."
Il disait ne respecter que les créateurs qui avaient la même finalité que la sienne, même avec des stratégies différentes, voire opposées, au-delà des conflits, critiques, malentendus et autres mésententes, comme avec Alain de Benoist, Pierre Vial etc.
Le philosophe Guillaume, suite à une bonne formation classique, me fait penser, par son mode de vie pratique, à un disciple d'Aristote, Diogène et Socrate, en plus de Nietzsche.
https://www.youtube.com/watch?v=gfrLDhbWXgw

Yann-Ber Tillenon

Quand j'ai rencontré Guillaume, il y a une quarantaine d’années, il faisait une conférence sur le « Mythe du Héros ». Je me souviens qu’il disait que le Héros était l’Être inspiré, entre les Dieux et les hommes, qu’il avait un destin spirituel à accomplir, une mission, au-dessus de toutes considérations bourgeoises matérielles, conformistes. Je crois bien que notre Guillaume parlait pour lui. Il est bien resté fidèle à cette définition qu’il donnait déjà il y a très longtemps. Il a toujours vécu en marge et mis ses idées en pratique au quotidien. Que l’on soit d’accord ou pas avec lui, Guillaume est un Héros.

Yann-Ber Tillenon

Pour confirmer ce que je viens de dire, n'oublions pas que, depuis près d'un an, Guillaume se savait atteint aux poumons. Il a refusé de se faire soigner afin de finir son dernier livre. Il a voulu rendre son manuscrit à son éditeur, le 4 novembre dernier, avant d'accepter d'être hospitalisé le 6, en appelant le Samu car il ne pouvait plus bouger de chez lui. C'était ça, l'Artiste héroïque Guillaume "Fou" !...

Yann-Ber Tillenon

La vie européiste, donc marginale, déséquilibrée, de Guillaume Faye, en rupture avec le système occidental, à côté du comportement de bon nombre de nos amis adaptés à ce même système, met en lumière la différence entre une démarche "révolutionnaire" et une démarche "réformiste". Les "frasques" de Guillaume sont emblématiques d'un problème de désarticulation entre deux Histoires.
Ce qui a manqué au Guillaume "malade" dans la société euro-occidentale pathogène, c'est d'être "articulé" dans une structure étatique saine et rééquilibrante, productrice de l'Histoire de l'Europe, capable de remplacer les structures étatiques actuelles, productrices de l'Histoire de l'Occident et, par là-même, génératrices d' "ethnopathologies" comme celles des immigrés dans une société qui n'est pas la leur. C'est ce que je développais à partir de 1985 dans différents bulletins comme "Kannadig Kêrvreizh", "Diaspad" etc., propositions demeurées lettre morte à l'époque et qui restent, à mon avis, d'actualité.
Il va sans dire que le bobard extravagant, répandu sur internet, du rattachement de Guillaume à Jésus-Christ n'est que tentative de récupération par un charognard farfelu. A moins que ce ne soit le dernier canular de SkyMan, avant de repartir au Ciel, en tout cas il ne m'en a pas parlé !...
Plus sérieusement, Guillaume a toujours opposé "indo-européen" à "judéo-chrétien".
Honneur et Fidélité !

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Blog-179
free counters